29 novembre 2009
Attendre, attendre, attendre....Avent!
Attendre, attendre, attendre on ne sait quoi qui nous changera la vie. Peut-être. Attendre d’un mieux vivre, d’un mieux être, de la personne ou de la situation qu’elle nous sorte d’une ornière ou d’une impasse. On attend quelqu’un, on attend une réponse à une demande, on attend un coup de pouce du destin.
Comment ne pas mettre de l’espoir dans cette attente, se dire que oui, ça vaut le coup d’attendre parce que ce sera mieux après ? Après quoi ? Après quand ? On ne sait pas. On attend. Mais si, bien sûr, ce sera mieux après. Et puis il y a des jours où l’on se demande si l’on fait bien d’attendre, si finalement toute cette attente ce n’est pas du temps perdu, si ce n’est pas se bercer de faux espoirs. Pourquoi attendre quelque chose de mieux qui ne viendra peut-être jamais ? Ne vaut-il pas mieux se contenter de sa petite vie, pas aisée tous les jours, mais bon, on ne s’en sort pas trop mal tout compte fait ? Ca pourrait être pire, non. On a connu pire. On baisse la tête, on accepte le chemin caillouteux et on avance. Du mieux ? Et pourquoi rêver hein ? Ils sont rares ceux qui gagnent au loto, alors attendre pour quelque chose qui n’arrivera jamais…Espérer trop fort pour tomber plus bas quand les attentes se sont pas atteintes. A ne pas trop espérer, à ne pas trop attendre, au moins on est sûr de ne pas tomber de haut.
Oui, mais voilà, malgré tout, nous attendons et nous espérons. Ils ont du attendre pendant des siècles un Sauveur. Un vrai sauveur qui les libère du joug romain. Un vrai sauveur qui leur redonne de l’espoir. Un vrai sauveur qui leur montre un chemin de vie. Un même sauveur, plusieurs attentes.
Un Sauveur qui, pendant les semaines à venir, nous fait dire : et toi, qu’est ce que tu attends ? Qui est-ce que tu attends ? Qui crois-tu que je suis ? Est-ce que l’on attend Superman, le Dieu qui nous sauve de tout ? Est-ce que l’on attend un Dieu qui a réponse à tout, même aux questions les plus révoltantes (la mort, la souffrance) ?
Nous avons 4 semaines pour répondre à ces questions et laisser monter le désir en nous. Passez un bon temps de l’Avent !
Comprendre l'Avent c'est aussi ici, et là!
28 octobre 2009
Ouaiiiis! Un méga Royaume en vue! Ah ben non....quoique..
Ca faisait un moment que je n'avais pas commenté d'Evangile. Argh...trop prise par les évènements et ça file! Alors là, d'un coup, hop, un peu de St Luc, de moutarde et de pain.
Lc 13, 18-21 Jésus disait : « A quoi le règne de Dieu est-il comparable, à quoi vais-je
le comparer ? Il est comparable à une graine de moutarde qu'un homme a jetée
dans son jardin. Elle a poussé, elle est devenue un arbre, et les oiseaux du
ciel ont fait leur nid dans ses branches. »
Il dit encore : « A quoi vais-je comparer le règne de Dieu ? Il est comparable
à du levain qu'une femme enfouit dans trois grandes mesures de farine, jusqu'à
ce que toute la pâte ait levé. »
Déjà, à lire ce qu’à pu dire Jésus, je me dis que l’homme vivant n’est pas étranger à la « mise en service » du Royaume de Dieu (abrégé « RD » en ces pages parce que je suis une working girl qui met des abréviations dans tous ses mémos, même les religieux. Bref, à chaque fois, on y voit l’action de la main de l’homme. Pour moi nous sommes pleinement associés dès aujourd’hui à ce Royaume. Ca tombe bien parce qu’il se construit tous les jours. On se retrousse les manches, on affiche son plus beau sourire, on remplit son petit cœur d’amour et on y va. Ya du taf !
Je crois aussi que Dieu nous donne la main pour participer à ce RD, mais il faut laisser faire aussi le temps et la volonté divine. Un arbre, ça ne pousse pas comme ça d’un coup, sauf avec la potion magique d’Asterix, mais ça, c’est pas encore prouvé. Même avec toute la technologie possible, nous n’avons pas pu compresser plus que ça le temps de pousse du pain. Ya pas à tergiverser : pour qu’un pain pousse il faut attendre que la levure fasse son effet. Pour grimper aux branches d’un arbre, il faut attendre qu’il pousse.
Dans les deux paraboles proposées par Jésus, je retiens aussi le côté convivial : l’arbre est pour tous les oiseaux, je présume même les pouilleux. Quant au pain, généralement, une belle miche c’est fait pour être partagé ! Le RD se partage, se vit ensemble. Pas chacun dans son coin, pas pour sa pomme, mais ensemble, sous le regard de Dieu.
Et je ne sais pas vous, mais moi ce Royaume me plaît bien comme ça. Pas insolent, pas bling bling, simple mais accueillant. Attention tout de même à ne pas le prendre pour plus « simplet » qu’il ne pourrait paraître. Son pouvoir est immense. Et vous savez pourquoi ? Parce que la sève de l’arbre, le levain, c’est du concentré d’amour. Et que nous sommes des millions sur terre à planter des arbres et faire du pain.
05 octobre 2009
L'Eglise c'est comme les Vélibs....du coup, on marche!!
Il y a plus d'un an de cela, je vous avais écrit une petite bafouille sur le thème "Les prêtres c'est comme les Vélib'". Aujourd'hui, j'ai envie d'écrire: "L'Eglise c'est comme les Vélibs": c'est pas parce que le système est parfois en panne, que les vélos sont voilés, tordus, en panne, que les bornes ne répondent pas que l'on abandonne pour autant de pédaler et de se déplacer.
J'ai envie de dire que l'Eglise est pareille: est-ce que parce qu'il y a des choses qui vont de travers, des choses qui justement nous fnt fuir de nos églises, des choses qui font que de moins en moins d'hommes prennent la route des séminaires, un système qui n'écoyte pas tout le monde, un système que l'on sent déconnecté de la réalité du XXIe siècle que l'on doit partir?
Non.
C'est pour cela que dimanche prochain, je rejoindrai la Marche du Comité de la Jupe à Paris (il y a d'autres marches dans d'autres villes de France).
Avec celles et ceux qui vont marcher, discuter de l'avenir de l'Eglise, j'ai envie de montrer que l'Eglise, notre Eglise c'est nous et ce que nous en faisons. Mais il faut pour cela en avoir les moyens.
L'Eglise telle qu'elle a vécu pendant des siècles, à mon avis, ne peut pas faire fasse aux défis de notre temps.
Or l'Eglise, les chrétiens ont toujours à témoigner de ce qu'ils vivent, de leur foi. Aujourd'hui, on ne dit pas sa foi par les conquêtes politiques de Vatican, on ne dit pas sa foi (et Dieu merci!) en "convertissant les indigènes". L'Eglise l'a eu fait. C'était parfois de grossières erreurs.
Aujourd'hui, être chrétien, c'est d'abord être. Puis ensuite, on témoigne de ce que l'on est. Et l'on témoigne de ce que l'on est avec les moyens du bord. Or les moyens, tels que je les vois ne sont pas brillants: églises désertées (en même temps, c'est tellement mortel ce qu'on y vit qu'on n'a plus envie d'y entrer non plus), langage utilisé qui se parle à personne sauf à quelques initiés, de la morale de boudoir plus que de la Morale, bref du pas brillant.
Moi j'ai envie d'une Eglise où tout le monde participe. j'ai envie d'une Eglise où la vocation de chacun est pris en compte, quel que soit son sexe, son orientation sexuelle, son statut marital. J'ai envie d'une Eglise qui dise que oui, ce qui la fait vivre c'est l'Amour de Dieu et non une liste non exhaustive de pseudo-recommandations. J'ai envie d'une Eglise vivante où les gens sont heureux de se rencontrer, de vivre ensemble les sacrements. Bref, j'ai envie d'une Eglise.
C'est pour cela que je marcherai dimanche prochain.
Si vous voulez nous rejoindre, le RV est donné à 12h30 aux arènes de Lutèce. Nous marcherons jusqu'à la place St Sulpice où nous serons vers 16h30.
Plus d'infos sur le site du comité de la jupe: www.comitedelajupe.fr
01 octobre 2009
T'as beau pas être beau? C'est bien! dixit les Béatitudes. Foutage de gueule?
Lc 6, 20-26 Jésus était arrêté dans la plaine et la foule l'entourait. Regardant alors
ses disciples, Jésus dit : « Heureux, vous les pauvres : le royaume de Dieu est
à vous ! Heureux, vous qui avez faim maintenant : vous serez rassasiés !
Heureux, vous qui pleurez maintenant : vous rirez ! « Heureux êtes-vous quand les hommes vous haïssent et vous repoussent, quand
ils insultent et rejettent votre nom comme méprisable, à cause du Fils de
l'homme. Ce jour-là, soyez heureux et sautez de joie, car votre récompense est
grande dans le ciel : c'est ainsi que leurs pères traitaient les prophètes.
« Mais malheureux, vous les riches : vous avez votre consolation ! Malheureux,
vous qui êtes repus maintenant : vous aurez faim ! Malheureux, vous qui riez
maintenant : vous serez dans le deuil et vous pleurerez ! Malheureux êtes-vous
quand tous les hommes disent du bien de vous : c'est ainsi que leurs pères
traitaient les faux prophètes. »
En voilà donc un texte révoltant ! Personnellement il m’énerve, il me dérange. Il me dérange d’autant plus que nous avons tous connus ces situations où l’on est pauvre ou alors ou l’on nous insulte. Il y a quelques années, pas si longtemps que ça, toute bardée de diplômes que j’étais, je me suis retrouvée sans emploi, au RMI. Alors les paroles de Jésus me heurtent parce que quand on n’a pas 1 euro pour acheter une baguette de pain, on s’en fout un peu du royaume de Dieu qui est à nous. Quand on pleure parce que des fois il arrive bien que la vie soit un tantinet difficile, pour ne pas écrire ici que l’on se prend de grosses claques qui font bien mal, lire que finalement c’est cool et que l’on doit être heureux parce que nous sommes en Dieu, c’est un peu le cadet de nos soucis. Et non, je trouve que ça ne console pas mieux de savoir que les riches d’aujourd’hui, seront malheureux un jour…
Alors soit on se révolte contre ce texte, et à la limite je trouve ça sain de se révolter contre la Bible parce que ça implique qu’on ne la gobe pas non plus sans broncher. Bref, soit on se révolte et on envoie tout balader en disant que ce pauvre Jésus il avait vraiment pété un câble. Soit on reconsidère les choses. Hop, on se retourne le cerveau.
On peut commencer par prendre pour principe que la pauvreté cela peut être n’importe quelle pauvreté. Celle bien sûr physique (pas d’argent, pas de toit), mais aussi d’autres pauvretés, intellectuelles ou même émotionnelles.
Et là, on se rend compte que ces pauvretés, ces malheurs
sont des manques, des vides en nous. Ces moments, ces choses qui font que l’on n’arrive pas à être soi à fond, à vivre à fond. Cela pourrait nous entraver dans la vie et cela va finalement devenir une force.
Alors qu’à contrario, la personne riche, heureuse est « plein » et n’a besoin de rien. Et surtout pas de Dieu. Elle se suffit à elle-même. Elle se satisfait de ses possessions, elle tourne sur elle-même et se contente d’elle-même. Elle n’a pas de désir et n’attend rien des autres. La personne qui est en déficit, matériel, d’amour, va se tourner vers les autres car elle attend beaucoup d’eux. Elle cherche, elle est en attente.
Or je crois que c’est là que Dieu nous attend. Dans cette quête, dans nos vides, dans nos relations avec les autres. Paradoxalement il faut être un peu vide pour être plein. Il faut avoir des déficits, des creux pour que Dieu puisse y trouver sa place.
Le Royaume de Dieu c’est à construire aujourd’hui et maintenant avec le seul outil que nous ayons : l’amour. C'est là que Dieu nous attend. Etre à son image, c'est aimer, ici et maintenant, être la preuve de sa présence, en étant présent au monde, en l'aimant. Mais pour cela il faut être en attente, il faut avoir des vides en soi à combler pour justement laisser de la place aux autres et à Dieu.
23 septembre 2009
"Je crois pas, le caté m'a dégouté". C'est vraiment le caté qui donne la foi?
Aujourd'hui, je voudrais partager avec vous ce texte d'Olivier Le Gendre, tiré de son livre "Confession d'un Cardinal". Un cardinal dont on se sait pas le nom confie ses pensées à l'auteur. Très bon livre que je conseille, qui secoue les vieilleries de Vatican, de l'intérieur, qui redonne un peu de courage à tous ceux qui, comme moi je l'avoue, seraient parfois tentés de baisser les bras quant à la religion (et non la foi) et la manière dont on exprime cette foi.
Ce passage m'a interpellée car il reflète exactement ce que je tente parfois d'expliquer dans ces pages: la foi ça ne se commande pas, ça vous touche ou pas, d'un coup, ou pas, ça vivote ou ça explose; mais la foi n'est pas donnée, transmise par l'homme et en l'occurrence par le catéchisme. Attention, je ne dis pas ici qu'il ne faut pas donner une éducation religieuse à ses enfants si on le souhaite. Mais ce n'est pas ça qui vous "contamine", qui vous met cette petite flamme en vous.
Et effectivement, je crois que notre rôle actuel en tant que chrétiens, n'est pas de dire au monde, aux gens, s'ils doivent mettre un préservatif ou pas, ni d'énumérer les conditions qui mènent à l'excommunication. Je crois que le rôle du chrétien est de partager ce qui le fait vivre (Dieu qui aime), sans imposer, jamais imposer.
Hop je laisse parler ce fameux cardinal.
"Je ne crois pas que l'Eglise et le monde, surtout le monde, soient à une époque et dans une situation où ils aient d'abord besoin qu'on leur dise ou qu'on leur explique le catéchisme.
Vous ne vous mettez pas à croire et vous ne commencez pas à convertir votre vie à cause du catéchisme, même si vous pouvez vous servir du catéchisme pour expliquer votre foi ensuite.
(...)Il n'y a pas de foi sans rencontre, vous comprenez. Il n'y a pas la foi à cause d'un système philosophique ou spirituel. il y a foi parce qu'un jour, chacun à sa façon, découvre en lui quelque chose - devrais-je dire quelqu'un?- qui semble y avoir toujours été bien qu'ignoré. Chaque croyant à sa façon fait cette découverte. Pour chacun l'histoire est différente. Tous néanmoins, sont capables de dire ce qui s'est passé en eux à ce moment-là, ou à plusieurs moments
(...)Ce dont le monde a besoin, ce n'est pas de catéchisme, mais qu'on lui donne l'occasion d'une rencontre, qu'on l'y invite avec le plus de respect possible, qu'il existe des réalités différentes de celle qu'il vit. Des réalités qui ne s'opposent pas à ses désirs les plus légitimes mais qui, au contraire, le rejoignent au plus intime de lui-même. "
10 septembre 2009
Le chrétien doit-il être tarte ?
Lc 6, 27-38 Jésus déclarait à la foule : « Je vous le dis, à vous qui m'écoutez : Aimez
vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent. Souhaitez du bien à ceux
qui vous maudissent, priez pour ceux qui vous calomnient. A celui qui te frappe
sur une joue, présente l'autre. A celui qui te prend ton manteau, laisse
prendre aussi ta tunique. Donne à quiconque te demande, et ne réclame pas à
celui qui te vole.
« Ce que vous voulez que les autres fassent pour vous, faites-le aussi pour
eux. Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle reconnaissance pouvez-vous
attendre ? Même les pécheurs aiment ceux qui les aiment. Si vous faites du bien
à ceux qui vous en font, quelle reconnaissance pouvez-vous attendre ? Même les
pécheurs en font autant. Si vous prêtez quand vous êtes sûrs qu'on vous rendra,
quelle reconnaissance pouvez-vous attendre ? Même les pécheurs prêtent aux
pécheurs pour qu'on leur rende l'équivalent.
« Au contraire, aimez vos ennemis, faites du bien et prêtez sans rien espérer
en retour. Alors votre récompense sera grande, et vous serez les fils du Dieu
très-haut, car il est bon, lui, pour les ingrats et les méchants. Soyez
miséricordieux comme votre Père est miséricordieux. Ne jugez pas, et vous ne
serez pas jugés ; ne condamnez pas, et vous ne serez pas condamnés. Pardonnez,
et vous serez pardonnés. Donnez, et vous recevrez : une mesure bien pleine,
tassée, secouée, débordante, qui sera versée dans votre tablier ; car la mesure
dont vous vous servez pour les autres servira aussi pour vous. »
Bon c’est vrai que c’est bien gentil ça comme programme, blabla aimez surtout ceux que vous n’aimez pas, tendez l’autre joue, prêtez à ceux dont vous n’êtes pas sûrs qu’ils rendront. Notez à cet égard que les inventeurs des subprimes pourraient être considérés comme des supers chrétiens car dans un premier temps ils ont prêté à tour de bras en sachant pertinemment que la personne en face ne pourrait pas vraiment rembourser. Là où ça a été moins chrétien c’est d’avoir transformé ces dits prêts en produits financiers pourris qui ont fini par nous mettre tous dedans (la Crise expliquée en deux lignes : ça c’est du méga raccourci).
Bref, sur le fond, qui ne serait pas d’accord avec Jésus hein ? Qui n’aurait pas envie d’un monde de paix et d’amour, surtout que cette année on a fêté l’annif de Woodstock. Bref, 2000 ans de peace and love que l’on veut tous. OK. Ceci dit, entre le saint-en-devenir complètement béat qui tend l’autre joue après avoir reçu une baffe et prie pieusement pour tous ceux qui font du mal en ce bas monde et euh….disons, la réalité, il y a un sacré fossé sur lequel nous sommes tous funambules.
Parce que oui, moi aussi je suis appelée à la sainteté (depuis mon baptême, si si..). Mais entre ce que me dit Jésus dans ces propos rapportés par St Luc et ma vie, non seulement je n’y arrive pas souvent, mais, soyons réalistes, je n’en ai pas envie de peur de me faire un peu trop marcher sur les pieds et être la conne de service because il y aurait inscrit « catho » sur mon front.
Je me dis aussi que si je n’y arrive pas, je ne vais pas me fouetter non plus. Par contre prier et demander à Dieu de me donner plus de charité pour la distribuer autour de moi, ça serait pas mal. Prier et agir puisqu’après c’est à moi, à nous de jouer.
05 août 2009
Résurrection: a-t-on besoin des Experts-CSI? MM Est-elle bigleuse?
Ordi qui plante + canalblog qui gatouille + semaine de vacances =blog au ralenti. Plus
d'ordinateur jusqu'à nouvel ordre....jusqu'à ce que Dell aura bien voulu en
tout cas se bouger et me le réparer. Dois-je ajouter que je honnis Dell. Plus
jamais. Je divorce. Bande de rats. Bref, cela ne me ramène pas mon ordinateur.
Qui dit pas d'ordi, dit pas de photos des derniers plats. Pas de photos,
pas de recettes. C'est pas grave, on va dire que ça laisse de la place pour les
petites catéchèses impertinentes. Je vous mets donc un texte écrit il y a
quelques semaines. Sur la résurrection: tout un programme!
Jn 20,
1.11-18 Après la mort de Jésus, le premier jour de la semaine, Marie Madeleine
se rend au tombeau de grand matin, alors qu'il fait encore sombre. Elle voit
que la pierre a été enlevée du tombeau.
Marie Madeleine restait là dehors, à pleurer devant le tombeau. Elle se penche
vers l'intérieur, tout en larmes,et, à l'endroit où le corps de Jésus avait été
déposé, elle aperçoit deux anges vêtus de blanc, assis l'un à la tête et
l'autre aux pieds. Ils lui demandent : « Femme, pourquoi pleures-tu ? » Elle
leur répond : « On a enlevé le Seigneur mon Maître, et je ne sais pas où on l'a
mis. »
Tout en disant cela, elle se retourne et aperçoit Jésus qui était là, mais elle
ne savait pas que c'était Jésus. Jésus lui demande : « Femme, pourquoi
pleures-tu ? Qui cherches-tu ? » Le prenant pour le gardien, elle lui répond :
« Si c'est toi qui l'as emporté, dis-moi où tu l'as mis, et moi, j'irai le
reprendre. » Jésus lui dit alors : « Marie ! » Elle se tourne vers lui et lui
dit : « Rabbouni ! » ce qui veut dire : « Maître » dans la langue des Juifs.
Jésus reprend : « Cesse de me tenir, je ne suis pas encore monté vers le Père.
Va plutôt trouver mes frères pour leur dire que je monte vers mon Père et votre
Père, vers mon Dieu et votre Dieu. »
Marie Madeleine s'en va donc annoncer aux disciples : « J'ai vu le Seigneur, et
voilà ce qu'il m'a dit. »
Bref, à
l’époque d’ailleurs qui y a cru ? Certainement pas les disciples et encore
moins Marie-Madeleine. Cela faisait des semaines que Jésus leur annonçait sa
mort et surtout sa résurrection, peine perdue ! Quand t’es mort, t’es mort
mon ami ! Alors chacun pleure et se console comme il peut !
Et puis
Marie va quand même au tombeau….où le corps de Jésus n’est plus. Par contre, un
type à la sortie est là et elle ne le reconnaît que lorsqu’il prononce son nom.
Pourquoi
Marie n’a-t-elle pas reconnu Jésus ? Marie-Madeleine était-elle
bigleuse ? S’il est ressuscité, il n’est pas revenu sous la même
forme ? C’est quoi cette embrouille ?
Une des
réponses à cette question m’a touchée et provient directement du dernier livre
de Timothy Radcliffe « Pourquoi aller à l’Eglise ? ». Il suggère
qu’en fait , au-delà de toute considération de changement physique, finalement
il s’agit plus ici du regard que l’on porte en soi sur l’autre et la manière
dont cela peut changer. A côtoyer certaines personnes, on pense les connaître
et puis il arrive des fois que l’on se surprenne encore à se dire « ah
tiens, je ne te savais pas comme ça ». Ou à découvrir une attitude et dire
« Je ne te connaissais pas sous ce jour-là ». Il m’est arrivé de
connaître des gens de manière professionnelle, et puis dès qu’on apprend à les
connaître de manière personnelle l’on se dit que tiens, ce n’est pas la
même personne que l’on croise au boulot. Ce n’est pas de la schizophrénie,
c’est juste que nous avons plusieurs facettes à notre personnalité et que les
autres ne connaissent pas tout.
Pour en
revenir à nos moutons, ou plutôt à Jésus dans son cimetière, finalement, est-ce
que Marie-Madeleine et les disciples n’ont pas des difficultés à reconnaître
Jésus ressuscité, parce que finalement il ne l’ont connu que sous une seule
facette, qu’ils l’ont eu aussi catalogué, étiqueté. Du coup, quand Jésus
revient, ils ne connaissaient probablement pas cette facette vraiment divine en
lui et ils ont du mal à le reconnaître. Il faut qu’ils apprivoisent à nouveau
Jésus. Mais ce dernier facilite grandement la tâche puisqu’il appelle Marie par
son prénom et là elle le reconnaît. Parce que ça la touche au plus profond
d’elle, parce que ça la touche au cœur et que c’est là qu’est enfouie sa vraie
connaissance de Jésus et de Dieu, bien au-delà des apparences. Au-delà des apparences et de la forme de la
résurrection, c’est là que Dieu vient nous appeler par notre nom, nous chercher
et nous dérouter. Apprendre à le reconnaître au fond de soi et apprendre à le
voir dans les yeux des autres. Nous ne croyons pas en un Dieu qui est mort et « youpi »
est revenu « tadam » 3 jours plus tard idem, tel quel etc…C’est pas
les Experts ici : nous ne sommes pas la pour faire l’autopsie du corps
ressuscité de Jésus et baser notre foi là-dessus. La résurrection est à
chercher dans nos cœurs et dans le cœur des autres. Mine de rien, ça nous
laisse beaucoup de liberté et d’opportunité !
16 juillet 2009
C'est les vacances! Jésus vous porte les bagages!
Mt 11, 28-30 "En ce temps-là, Jésus prit la parole : «Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de coeur, et vous trouverez le repos. Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger. »
Voyager léger ? Je connais pas. Je prends toujours le « minimum », ce minimum ayant prévu toutes les situations météorologiques et sociales. Sur les quais de gare généralement je constate que je ne suis pas la seule, le top record étant battu largement haut la main par les mamans avec poussettes, bébé dans les bras, Junior dans une main et 3 valises dans l’autre. En ces temps de vacances, il est intéressant de connaître quelqu’un qui peut nous alléger de nos fardeaux non ? Seul souci, je n’ai pas encore vu Jésus sur les quais de gare. (Mais il était probablement dans le type qui, l’autre jour, m’a monté m’a valise à bord du train). On va donc s’intéresser à nos autres fardeaux, ceux qui malheureusement ne rentrent pas dans une valise à roulettes.
Intéressant ce texte de Mathieu aujourd’hui ! En gros, « viens à moi et je te chargerai plus » ! Quand je cherche « joug » chez Robert (le Petit) il me sort, à part le truc pour atteler les bœufs, « Contrainte physique ou morale ». Or Jésus nous dit « mon joug est facile à porter ». Il se moque de moi ou quoi (qui pourtant ne voyage pas léger, même dans la vie rappelons-le)? Comment une contrainte peut-elle être légère ? On se ferait presque avoir par ce petit malin ! Venez à moi et je vous allègerai…en vous mettant sous mon joug ! D’autant que c’est un peu flippant dans la mesure où quand on est sous le joug de quelqu’un on n’a plus notre autonomie, notre liberté d’agir, voir notre dignité.
Ce serait oublier que Dieu n’est pas là pour nous ôter toute notre liberté et faire de nous des pantins. Si Dieu voulait vraiment que la religion soit l’opium du peuple, il nous donnerait de quoi fumer en abondance. Après tout, il est Dieu. Non, nous sommes libres, libres de devenir ses disciples. Mais quel est donc alors ce fardeau partagé qui va s’alléger ? Et si ce n’était tout simplement qu’un échange de procédé, mais où finalement l’homme est gagnant ? Après tout, si Dieu s’est fait homme en Jésus pour prendre notre humanité, c’est bien pour se « rendre compte » de ce que peut être la vie ici-bas. Bon, après rapide observation on peut dire que Jésus a eu sa dose de fardeau, puisqu’il a terminé sur une croix. Sauf que justement, sur la croix il n’y avait pas juste Jésus et son propre fardeau, mais les nôtres aussi. Jésus aurait-il été maso ? Non. Par contre, il a certainement voulu nous dire qu’en prenant nos fardeaux avec lui, non seulement ils sont moins lourds pour nous, mais ils ne sont pas une fin en soi. On ne souffre pas pour souffrir. Il est là le fameux échange : Dieu a pris notre humanité (avec nos grosses valises et nos poids morts) et nous convie à prendre (un peu de ) sa divinité. C’est cela qui va nous alléger.
Bref, suivre Jésus ce n’est pas se rajouter une valise en
plus…mais c’est peut-être mettre des roulettes aux nôtres pour qu’elles soient
plus faciles à trimballer.
(Et à propos de fardeau, petit texte fort sympathique ici.)
17 juin 2009
Matthieu débarque: dégagez les frimeurs!
Aujourd’hui, mon lectionnaire me ressert le texte du Mercredi des Cendres : Mt 6,1-6,16-18. Il est un peu long alors je ne vous le mets pas aujourd’hui. Je suis un peu feignasse des fois.
En gros, le pitch est le suivant : quand tu donnes l’aumône, c’est la peine d’y aller avec fanfare et majorettes pour que tout le monde voie bien que tu donnes. Quand tu pries, c’est pas la peine de te la jouer King of ze world de la prière en te montrant partout en train de prier ou utiliser un mégaphone. Last but not least, quand tu jeûnes, ne tire pas une tronche de trois pieds de long histoire de montrer à quel point tu souffres de jeûner mais qu’en fait tu adores ça puisque tu vas gagner des points pour le Paradis.
Quant au paradis dans l’au-delà, on y aura tous accès, c’est gagné d’avance si on dit simplement « oui » à Dieu.
12 juin 2009
Jésus, Marc, Brad, George, Ardisson...de l'adultère pour une catéchèse très impertinente
Mt 5, 27-32 Comme les disciples s'étaient rassemblés autour de Jésus, sur la montagne,
il leur disait : « Vous avez appris qu'il a été dit : Tu ne commettras pas
d'adultère.
Eh bien moi, je vous dis : Tout homme qui regarde une femme et la désire a déjà
commis l'adultère avec elle dans son coeur.
Si ton oeil droit entraîne ta chute, arrache-le et jette-le loin de toi : car
c'est ton intérêt de perdre un de tes membres, et que ton corps tout entier ne
soit pas jeté dans la géhenne.
Et si ta main droite entraîne ta chute, coupe-la et jette-la loin de toi : car
c'est ton intérêt de perdre un de tes membres, et que ton corps tout entier ne
s'en aille pas dans la géhenne.
Il a été dit encore : Si quelqu'un renvoie sa femme, qu'il lui donne un acte de
répudiation.
Eh bien moi, je vous dis : Tout homme qui renvoie sa femme, sauf en cas d'union
illégitime, la pousse à l'adultère ; et si quelqu'un épouse une femme renvoyée,
il est adultère. »
Au temps de Jésus et depuis Moïse, certains hommes, quand ils ne désiraient plus leur femme, la répudiaient, histoire d’en prendre une nouvelle. Ahhh, de la bonne chair fraîche dans le couple ! C’est vrai ça ! Avoir pépère ou mémère dans son lit au bout de 20 ans, pourquoi ne pas changer ? Hop une petite répudiation ou un divorce et les carottes sont cuites, on repart à zéro. (record battu par Eddie Barclay et Elisabeth Taylor)
Est-ce que les choses sont bien différentes aujourd’hui ? Où commence l’adultère ? Comme demandait Ardisson (catho pratiquant) dans l’émission « Tout le monde en parle » : est-ce que sucer c’est tromper ? Ne consommons-nous pas du corps de l’autre ? Et à partir de quand?
Quand je regarde ce magnifique passage dans « Rencontre
avec Joe Black », près de la piscine, où Brad Pitt est déshabillé….comment
dire… « Madre Mia !!! » Et que dire quand George me susurre
« What else ? » D’après Jésus, qui ne connaissait pas Brad, l’adultère
est caché là, tous les jours et l’on ne s’en rend pas compte (enfin si..quand
même un peu, on va pas se mentir). Est-ce que Jésus me dit de m’arracher l’œil chaque
fois que je mate Brad ? Non !!! Déjà, je pense que ça ferai belle
lurette que je n’aurai plus d’œil, et puis je crois plus que l’expression de
Jésus ici s’apparente à une formule. On dit bien « j’en mettrai ma main à
couper » sans jamais se faire couper la main. (encore heureux !)
Mais, si Jésus nous disait, plutôt que de s’arracher les yeux et les mains, de
laisser partir de nous ce qui n’est pas vraiment reluisant, de laisser partir
de nous ces sentiments pas forcément très clairs, surtout vis-à-vis de nos
conjoints, pour rester entiers auprès d’eux ? C’est fort et violent de
nous dire aujourd’hui que l’on commet l’adultère rien qu’en matant George et
Brad ! Du coup je ne vous parle même pas des autres possibilités !
Aujourd’hui on mate, le porno est accessible en libre service sur internet
histoire de parfaire l’éducation sexuelle des ados, le corps est consommé et
consommable, et l’on ne s’en prive pas (trop). Est-ce que c’est maaaaaaal ?
Est-ce que vous allez griller en enfer ? Je ne suis pas là pour juger et
encore moins pour dire qu’elle est la bonne conduite (surtout que quand on
regarde en boucle Dirty Dancing pour voir Patrick Swayze torse nu, on l’écrase).
Je ne suis pas de ces cathos qui cherchent à culpabiliser, ni moi, ni les
autres. Chacun est libre de ses actions et de ses désirs car nous sommes comme
ça.Dieu nous donne "juste" d'agir en conscience.
Dieu nous aime et parce qu’il nous aime, il nous a laissés libres.
Libres parfois d’aller voir ailleurs si le torse de Brad ou les nichons de
Pamela ne sont pas meilleurs que ce que l’on a à la maison. Mais son message
ici est à mon avis crucial pour une vie à deux. Quand on aime l’autre, on l’aime
en entier, pour ce qu’il est, était et sera. Et l’on est entier avec lui aussi.
On ne se cache pas, on ne ment pas, on est intègre. C’est jamais gagné. Ya qu’à
voir le nombre de divorces. Est-ce que ça vaut la peine d’insister et de se
battre. Probablement. C’est ce qui va faire que l’on ne va pas se « répudier »
rapidos histoire de mettre dans son lit plus jeune et plus ferme. C’est une
démarche d’honnêteté que de s’engager pour la vie avec quelqu’un, c’est une
démarche d’honnêteté que de rester fidèle à cet engagement. Mais c’est
peut-être aussi une démarche d’honnêteté de reconnaître aussi quand l’amour qui
lie le couple n’est plus là….
Le débat reste ouvert. Je reviens vous en parler quand 1 : je serai éventuellement mariée. 2 : j’aurai 20 à 30 ans de mariage derrière moi.
PS : On oublie la solution qui serait de masquer l’objet
du désir et de l’adultère. Si je mate Brad c’est ma faute, pas la sienne (ouh
la gueule d’amouuuur !). Je ne vais pas lui demander de mettre une burka…Ca
marche pour l’autre sexe inversement.
rePS: et un jour je ne rêverai plus d'être dans les bras de Patrick Swayze, parce que Chéri saura faire ça (ben oui, faut aussi se donner les moyens d'entretenir sa vie de couple!):










