dépoussiérage



Une nouvelle canonisation c’est toujours assez sympathique parce que, avouons-le, cela renouvelle le « stock »des saints et des modèles que l’on peut nous mettre sous les yeux. Ca dépoussière le concept de saints, à défaut de dépoussiérer certaines statues dans nos églises. Personnellement, je reste moyennement inspirée par ma sainte patronne ou celles de mes amies, qui, souvent martyres, ont fini violées, torturées, écartelées, avec les seins coupés etc…Tout ça parce que souvent, elles préféraient vivre leur foi, plutôt que de céder aux avances d’un godelureau tentant d’exercer son droit de cuissage. Idem pour leurs compagnons masculins qui ont fini dévorés par les loups ou martyrisés sur des continents nouvellement découverts. C’est du saint qui prend de la poussière ma p’tite dame !

Le saint est par essence celui qui a mis ses pas dans ceux de Dieu et a vécu l’Evangile à fond. Quand j’écris ici « vivre l’Evangile », j’entends non pas se conformer à toute une série de règles, mais bien à se dire, tout au long de sa vie : je crois que Dieu qui aime l’homme profondément a envoyé sur terre son fils, comme symbole de cet amour et pour nous montrer que jamais, non jamais il ne cessera de s’impliquer dans l’histoire des hommes. Même si ces hommes sont de vraies plaies et finissent par faire mourir ledit fils. (on vous a dit qu’on n’était pas des saints… ?)

Bref, le saint est celui qui se lève le matin et, en se rasant ou se brossant les dents, ne rêve pas d’être président (encore que…pourquoi pas..) mais se demande qu’est-ce qu’il peut bien faire aujourd’hui pour témoigner de cet amour de Dieu. Et parfois cette action est super discrète.

Dans les cas de Jean XXIII et Jean-Paul II, on ne va pas forcément parler de discrétion dans l’action parce que, bon, ce sont des papes et que quand ils lancent une « petite réunion de famille catho » ici ou ailleurs, on parle tout de suite de milliers de personnes autour de la table. Ce que je retiens des deux est surtout le désir d’ancrer certains aspects de la Tradition chrétienne dans leur temps.

Jean XXIII est celui qui a convoqué le concile Vatican II parce qu’il était grand temps de dépoussiérer la manière dont l’Eglise disait sa foi au monde. Il était plus qu’urgent de remettre des mots contemporains sur des pratiques et une tradition millénaire. Ca ne veut pas dire faire table rase, cela veut dire, entrer de plein pied et vivre dans le monde. Et pas à côté. C’est comme le langage ado : pour exprimer une même chose (j’aime ça…), à chaque génération d’ado une nouvelle expression : « c’est bat », « c’est cool », « c’est chanmé » « je kiffe ».

Jean-Paul II, quant à lui, a poussé l’application de certains textes issus de Vatican II, notamment sur le dialogue œcuménique, le dialogue inter-religieux, les relations avec les pouvoirs politiques non pas pour leur faire sentir une préséance d’un pouvoir spirituel sur un pouvoir temporel, mais pour leur redire que leur action doit toujours avoir en vue la dignité de l’homme. (et pas de l’argent, de la rentabilité, de la destruction des ressources naturelles etc…).

Plus je me penche dans les textes de Vatican II et plus j’en mesure la richesse. Non seulement ce Concile a remis les pendules à l’heure (le catholique est bien dans son temps et n’a pas à se considérer comme à côté de la plaque. A ce titre il doit donc non seulement comprendre le monde qui l’entoure, mais y participer complètement), mais il a été visionnaire. Il y a encore tellement de choses à faire. Certains textes ont permis certes de belles floraisons, mais on en attend encore de beaux fruits ! Alors, espérons que les deux nouveaux saints puissent nous inspirer et nous permettre à tous de nous retrousser les manches et faire en sorte que l’Eglise aille de l’avant !

Jn 3,8
Le vent souffle où il veut : tu entends le bruit qu'il fait, mais tu ne sais pas d'où il vient ni où il va. Il en est ainsi de tout homme qui est né du souffle de l'Esprit.

Jean 23 jean paul 2