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Lc 17, 5-10 Les Apôtres dirent au Seigneur : « Augmente en nous la foi ! »
Le Seigneur répondit : « La foi, si vous en aviez gros comme une graine de moutarde, vous diriez au grand arbre que voici : 'Déracine-toi et va te planter dans la mer', et il vous obéirait.

 

L’autre jour, je discutais avec un consultant qui accompagne les personnes dans leur recherche d’emploi ou leur transition de carrière, situations commune en expatriation. Et une chose revient assez régulièrement, surtout chez les Français qui, si ils sont fiers en général, n’en mènent pas large quand il s’agit souvent de s’affirmer dans le monde du travail : c’est la question de l’expertise (en plus de celle de la perfection). Nous sommes souvent incapables de nous projeter dans une carrière ou tenter de bifurquer parce que : « je n’ai pas le bon diplôme » ou « ah, mais tu ne te rends pas compte ! Je n’ai pas assez d’expérience dans le domaine ! ».  En plus du « oui je sais un peu, mais je ne maîtrise pas à fond tel sujet… ».

ET ALORS ?

Et c’est exactement ce que Jésus tente de faire comprendre à ses apôtres ici, avec cette parabole du grain de moutarde. On ne cherche pas la foi idéale ici, mais plutôt de faire déjà quelque chose avec celle  que l’on a.

La foi c’est pas une piqûre d’antibiotiques : une piqûre ne nous fera pas devenir meilleurs.

La foi c’est pas comme un cocktail de vitamines : avaler quelques pilules avec un verre de jus de fruits ne nous boostera pas la foi

La foi c’est pas comme un rail de coke : ça ne vous fait pas planer en un shoot

C’est pas comme une formation professionnelle : suivre des cours intensifs de théologie par exemple ne nous fera pas accéder au Graal de la foi, avec un beau diplôme à la clé.

Raté pour les apôtres qui demandent leur rail/shoot/diplôme/piqûre/pilule à Jésus.

Pire que ça : nous sous-estimons le peu de foi que nous avons en nous. Cela me rappelle cet évêque qui lors d’une catéchèse (JMJ du Canada) nous racontait l’histoire de ce poisson rouge de bocal, lâché dans l’océan et qui continuait de répéter : « j’ai pas assez d’eau, j’ai pas assez d’eau !! »

Alors si, de l’eau il y en a. Et puis même dans ton petit bocal tu peux déjà nager.

Il y a des personnes que je rencontre qui se sentent indignes de mettre les pieds dans une église ou de faire certains sacrements parce qu’elles pensent qu’elles n’ont pas assez la foi. On a aussi l’inverse : les gens qui jugent telle ou telle personne dans sa démarche parfois (mariage, baptême) parce qu’ils estiment qu’elle n’a pas assez la foi.

Alors d’une part, qui sommes-nous pour juger de la foi des autres ? (laissons Dieu seul juge) et d’autre part, regardons-nous un peu le nombril sur ce coup-là ! J’ai la foi ? Un peu ? Un chouïa ? Un petit truc qui me gratouille ou qui m’encombre au fond du cœur mais c’est là quand même ? Et bien on fonce ! Et quand je dis « on fonce ! » cela ne veut pas forcément dire s’enfiler tous les sacrements d’un coup et vivre la liturgie des heures tous les jours, ça veut juste dire laisser parler ce qu’il y a  de positif en nous. Laisser s’exprimer la révolte quand on voit des situations d’injustice. Laisser parler l’humilité en nous, celle qui nous permet d’accueillir l’autre dans ce qu’il est (ah ? Tu t’appelles Joséphine ? ) et pas dans ce qu’il fait ou représente (Elle a les deux pieds dans le même sabot la serveuse ou quoi ?). Bref, laisser parler ce qu’il y a de plus beau en vous….

Et c’est comme ça que de petites graines on fait de gros arbres…

graine de moutarde