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Mathieu 25, 14-30 : la parabole des talents

 

Après la parabole Kerviel, voici donc la parabole Madoff, ou comment mieux placer ses talents qu'en les donnant à des financiers de haut "vol" (ah ah ah)

Je n’ai pas mis le texte un peu long alors je vous le fait en raccourci : c’est une parabole, une historiette qui n’a pas de morale en soit à la fin mais qui interroge celui qui l’écoute afin que ce dernier trouve la morale. Bref, dans cette histoire, un maître s’en va pour longtemps et confie ses biens à ses serviteurs. Deux d’entre eux placent l’argent et le font fructifier. Le troisième planque l’argent et n’en fait rien. Quand le maître rentre, il est très content des deux premiers qui ont fait fructifier ce qu’il leur avait confié, quant au troisième, il « s’est fait jeté » comme on dit.

Au premier abord, on pourrait se dire : mais c’est quoi cette parabole qui justifie tous les actes spéculatifs qui ont conduit à la crise de 2008 ? Alors comme ça, autant tous être des rats de banque, Kerviel et compagnie dont l’unique but est de faire fructifier  et se faire de la thune, encore plus de thune. Et d’un point de vue purement bancaire, finalement dans cette parabole le maître est satisfait des gars qui ont joué avec des produits financiers de haute volée et renvoie le pauvre type qui n’avait qu’un livret A qui rapporte que dalle.

Sauf que bon, forcément, Jésus n’est pas un maître ès sciences économiques et financières et que c’est pas une master classe sur comment gagner un max de fric.

Ici on a un maître qui part et qui laisse son business à ses associés. Il leur donne ce qu’il a créé. Il leur fait confiance ! Ce qu’il donne, dans cette parabole c’est de l’or. Et quand il revient il ne demande pas qu’on lui rende, il demande « juste » des comptes. Comment avez-vous fait fructifier ce que je vous ai donné ?

Alors, comme dans toute parabole, le maître est souvent Dieu. Qu’est ce que Dieu peut bien nous donner et que nous pourrions faire fructifier ? A priori ce ne sont pas des codevi. Mais des choses beaucoup plus « bankable » à faire fructifier : l’amour, la Parole de Dieu, l’espérance (voir le fameux St Paul 1 Co 13). Honnêtement,  au premier abord, si on me dit de choisir entre un Codevi et l’amour dans le monde (ah la bonne blague), la Parole de Dieu (la quoi ?) et l’espérance (amis chômeurs bonjour !), j’aurai tendance à prendre le Codevi.

Mais bon, soyons sérieux 5mn, Dieu me confie ce qu’il a de plus précieux pour que je le fasse fructifier. C’est Dieu, les gens ! C’est le gars à priori super puissant qui pourrait tout faire tout seul alors pourquoi me demander à moi de le faire fructifier ? Ebauche de réponse : parce que l’on est Eglise ? Parce que Dieu a suffisamment confiance en l’homme pour lui confier l’amour, l’espérance, sa Parole et les faire fructifier dans le monde. Dieu aime suffisamment l’Homme pour en attendre quelque chose.

Je crois qu’il est là le défi de l’Eglise d’aujourd’hui : qu’est ce que l’on a à faire fructifier et pour qui ? Est-ce qu’on considère nos acquis d’Eglise et on vivote dessus ? Ou alors on s’investit à fond et l’on se tourne vers ceux qui ont vraiment besoin qu’on leur parle d’amour et d’espérance (je ne parle pas forcément ici des lectrices des romans « Harlequin »). Et il n’y a pas de domaine où l’Eglise ne peut s’investir, avoir son mot à dire. Ce n’est surtout pas faire du légalisme ou du jugement, c’est être avec ceux qui en ont le plus besoin. L’Eglise n’a pas vocation à se regarder le nombril et se dire « oh que c’est bien ce que nous faisons, pour nous, entre nous. Ahh, on est bien au chaud entre croyants du même bord, dans nos petites églises certes désertées, mais au moins on est certains que ceux qui sont là sont du bon côté, ouf.» Non, l’Eglise, nous, avons à justement sortir de nos cocons, être plus téméraires dans nos investissements de chrétiens, dans nos témoignages. Pas pour ramener des voix à la cause. Mais peut-être juste pour dire que nous, nous sommes là, avec vous. 

Et dans mes pages, un article sur faire fructifier l'amour et la parabole Kerviel.