Le français qui s'expatrie, c'est tout un poème culinaire. Sa marque de fabrique? Bien manger. Comment reconnait-on un français à l'étranger? Ce sont les seuls qui entre eux parlent de nourriture, à commencer par le pain, puis vient la tarte au citron, les moules-frites, les tartines de pâté, et bien sûr le sacro-saint pain/vin/fromage.
Pour l'instant, rien de tout ce ci ne nous manque vraiment. Après deux mois au fond du désert, nous trouvons de (presque) tout dans les magasins, y compris de la nourriture plus exotique: indienne, philippine, libanaise, américaine, anglaise etc.. La diversité gastronomique mondiale est réunie dans nos super-marchés du moyen-orient et ça, c'est un vrai bonheur.

Par contre, il faut bien avouer qu'une chose nous manque. Se passer de porc et d'alcool? On y arrive. D'autant qu'après 4 ans en Allemagne, on a mangé du porc pour toute notre vie. Non, ce qui nous manque, c'est la brioche du week-end. Celle que l'on prépare le vendredi soir pour l'avoir bien dorée au petit dej' du samedi matin, puis grillée le dimanche matin.
Pas de brioche ici. Drame. Et toujours pas de machine à pain avec laquelle généralement je fais mes brioches, cette dernière étant quelque part en train de voguer sur une mer avec le reste de nos affaires. Faire la brioche sans machine à pain? Chaque fois que j'avais tenté, cela s'était soldé par un gros ratage, les brioches ne voulant pas pousser. Probablement pas assez de pétrissage. Je partais donc vaincue quand je me suis quand même demandé si je ne le tenterai pas avec un levain. Après tout, j'avais le temps de bichonner le petit. Petite balade sur les blogs des unes et des autres pour affiner l'idée et hop, c'était parti.

J'ai donc fait un levain avec un peu de farine, de lait et de levure instantanée. Je l'ai laissé travailler une nuit, pour le retrouver au petit matin tout guilleret, piqué de mille-trous, bref, un levain qui avait travaillé. Le sentant bien parti je lui ai ajouté un peu de farine, un chouïa (ah ah ah, voyez, je me mets à l'arabe!) de beurre, des œufs. Un brin de pétrissage et je laisse reposer ma pâte. Ahhhh, le bonheur de la voir doubler de volume. Je crois qu'elle préfère l'air d'Arabie plutôt que l'air germanique, sans vouloir offenser nos amis teutons. En même temps, avec en moyenne 25° en ce moment de température à l'intérieur de la maison, il est évident que le pâton préfère cela à l'air glacial germanique réchauffé à coup de radiateur.
Après, il n'y a plus eu qu'à faire cuire cette beauté et la déguster. Honnêtement, pour un premier essai de brioche au levain, j'étais plus que satisfaite. Déjà, elle avait poussé, ô joie. Mais en plus, la mie était super tendre, aérée. La texture n'était pas filante et ressemblait plus à du pain brioché finalement. Mais ça me convenait parfaitement.

Et voilà, nous avions donc notre belle brioche du vendredi matin, début du week-end chez nous. Commentaire de Chéri-éternel insatisfait: "ben, ya pas de pralines dans la brioche"? Comment lui expliquer que d'une part, les pralines roses, dans la moitié nord de la France, c'est ultra difficile d'en trouver, alors dans les pays du Golfe....mais qu'il y en a quand même un kilo dans les malles qui, je l'espère, ne devraient pas tarder à arriver au port.
Hop, recette donc de la brioche au levain, pour les nuls du pétrissage mais néanmoins gourmands. 

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BRIOCHE AU LEVAIN

Levain:
100ml de lait
2cc de levure de boulangerie déshydratée "saf"
140g de farine

Brioche
250g de farine
2 oeufs
50g de beurre ou de crème
2 CS de sucre
1cc de concentré de vanille liquide
1 pincée de sel

La veille au soir, ou à la première heure du matin, préparer le levain. Dans une grande jatte, mélanger la levure et la farine. Faire un puit et ajouter le lait. Mélanger pour avoir une pâte homogène. Recouvrir d'un torchon et laisser reposer. Chanter éventuellement une berceuse ou raconter lui une histoire, dites-lui à quel point il est beau et qu'il faut qu'il pousse.
Le lendemain, ô miracle, votre levain doit être piqué de plein de petites bulles. C'est bien. C'est qu'il a passé une bonne nuit. A vous maintenant de rajouter la farine, le beurre, le sucre, le sel, les œufs et la vanille. Et ce n'est pas parce que votre levain mignon va se farcir tout le travail qu'il ne faut pas pétrir un minimum cette belle pâte. Alors on y va!
Puis on verse le pâton dans le moule et on le laisse reposer au moins une heure à température ambiante. Il faut qu'il double au moins de volume. S'il est bien parti, il peut tripler et c'est encore mieux.
Enfourner 20mn dans un four à 180°.
Miam!

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