07jpg_1 Oeuvre de l'artiste Soasig Chamaillard

Petit retour sur « L’affaire des jupes et du Cardinal ». Je vous avais parlé ici de l’action en justice ecclésiale qu’avait porté le « Comité de la jupe » contre le Cardinal André Vingt Trois qui, en parlant de la possibilité éventuellement ouverte aux femmes de lire l’Evangile à la messe, voire de faire l’homélie (soyons fous), avait dans un dérapage d’une misogynie assez révoltante dit  que « le tout n’est pas d’avoir une jupe, c’est d’avoir quelque chose dans la tête. ».

Ce comité a retiré sa plainte en début de semaine suite aux excuses du Cardinal qui a reconnu que ses propos avaient été « maladroits et mal ajustés ». Il a ajouté : « Ce que je regrette, car c’est précisément l’inverse que je voulais dire, a-t-il continué. Je voulais justement expliquer que la mission des baptisés dans l’Église ne dépend pas du sexe mais de la capacité personnelle. »

Je trouve que le retrait de la plainte est une bonne chose, surtout dans le milieu catholique : le pardon est une valeur cardinale. Ni nous ne l’appliquons pas entre nous, quand l’appliquerons-nous ?  

Par contre j’aimerais que cela serve de leçon à plusieurs titres :

- Malheureusement, nous en sommes encore réduits à faire une veille permanente contre tout propos misogyne et à dire « stop » dès qu’un seuil intolérable est franchi. Ce n’est pas du combat féministe de harpie, c’est du combat pour la dignité des femmes et des hommes. Je suis la première à déplorer le fait d’avoir à dénoncer de tels propos. J’aimerai ne pas avoir à le faire. J’aimerai que mes sœurs en Christ n’aient pas à le faire.


- Malheureusement, les propos du Cardinal Vingt Trois ont été un lapsus révélateur de l’attitude de l’Eglise envers les femmes, et l’attitude du Comité de la jupe a été révélatrice aussi de l’attitude des femmes envers l’Eglise. Notre foi passe par une pratique religieuse où la dimension ecclésiale est importante. A l’heure où l’Eglise veut montrer qu’elle s’ancre dans des problématiques sociétales importantes du XXIe siècle, si elle passe à côté de la moitié de la population, elle n’arrivera jamais à être crédible et à être moderne, à vivre littéralement en son temps, à porter la Parole. Il en va de sa mission.