lavement_pieds

Le Jeudi Saint est le premier jour des jours saints que l'on appelle "Triduum Pascal". Pendant ces trois jours, les catholiques revivent les derniers instants de la vie du Christ sur terre. Le Jeudi Saint nous célébrons le dernier repas du Christ: la Cène, puis sa dernière nuit au mont des Oliviers avant son arrestation.

Lors de cette messe, le prêtre lave les pieds de certains fidèles. Est-ce parce qu'ils ont les pieds sales? (peut-être...) Non! En fait, le prêtre refait à ce moment les mêmes gestes que le Christ a effectué lors de la Cène: il quitte une partie de ses vêtements de célébrant, enfile un tablier et s'agenouille aux pieds des personnes avec une bassine et une serviette.Que ce soit clair pour ceux qui songeraient un instant aller se faire laver les pieds par un curé, ce dernier fait couler un peu d'eau sur un des deux pieds et essuie aussitôt. C'est symbolique! (si si...)

Ce geste rappelle que le Christ s'est mis au service de l'humanité et que nous sommes nous aussi les serviteurs les uns des autres. Pierre, l'un des disciples du Christ, toujours prompt à se rebeller, a une réaction trsè naturelle: "c'est pas Jésus qui va me laver les pieds!!! Il va pas bien! Il a perdu la tête!! C'est lui le maître et nous les disciples! Au pire si on a les pieds sales, les serviteurs nous laverons les pieds!" Comme beaucoup d'entre nous, Pierre oublie que ce geste d'humilité nous remet tous à notre place: il n'y a pas de serviteurs et servis, ils n'y a pas de plus grands ou plus petits qui seraient dans l'ordre des choses...il y a, comme le dira St Paul, les membres d'un même corps. Se mettre au service de l'autre ce n'est pas s'abaisser.

Laver les pieds c'est aussi un sacré acte d'amitié! Jésus aurait pu serrer la main aux disciples ou leur faire une grosse bise en leur disant "ciao, ce soir je vais être trahi et demain je vais mourir". Non, il va passer un instant avec chacun d'entre eux et les toucher avec humanité, gentillesse. Quand on a mal, quand on est mal, n'a-t-on pas envie parfois d'un gros câlin (ou qu'on nous lave les pieds)? C'est aussi le sens de cette démarche où Jésus nous dit: quoiqu'il arrive je suis avec vous et je vous aime.

Une fois, au Canada, j'ai vu un prêtre parler de ce lavement des pieds. Il était venu avec un tablier et l'a accroché au crucifix de l'Eglise placé à côté de l'autel. Certes ça faisait bizarre de voir un "Jésus en Croix mourant" en bronze, avec un tablier de cuisine autour du cou....mais avec son tablier, ce Jésus-là nous rappelait que non, il n'était pas superpuissant. D'ailleurs lors de ces journées du Triddum, nous nous rappelons suffisamment à quel point il n'était pas superpuissant! Il était serviteur....serviteur d'un message plus grand que le désespoir et la mort...RV à Pâques!